L'autre carnet de Jimidi

Ce que je trouve sur l'architecture ronde (et ce qu'elle m'inspire…)

Le Panthéon de Muttenz à Bâle – Suisse

 

Panthéon de Bale (Suisse) Musée automobile - Photo 02

 

Drôle de nom, pour un lieu dédié à la seule déesse automobile… Je l’ai rencontré au détour d’un reportage « périphérique » réalisé sur les collections automobiles proches, ou relativement proches de Genève, où se déroulait le Salon de l’auto. Il m’a semblé entendre que ce musée avait été installé dans un bâtiment prévu à sa construction pour tout à fait autre chose, mais quoi ? Impossible de retrouver trace de son histoire ancienne.* Pour l’histoire récente, il a ouvert en 2008, abrite une collection permanente de bagnoles et des expositions temporaires thématiques.

* Depuis, Jean-Paul à Trouvé. Voir l’article ci-dessous. Merci JP ! 

Panthéon de Bale (Suisse) Musée automobile - Photo 05

Panthéon de Bale (Suisse) Musée automobile - Photo 04

Panthéon de Bale (Suisse) Musée automobile - Photo 03

↑ Exposition temporaire Citroën

Panthéon de Bale (Suisse) Musée automobile - Photo 02

Panthéon de Bale (Suisse) Musée automobile - Photo 01 copie

(Lien vers l’article original) 

L’entrepreneur Stephan Musfeld a créé le Panthéon de Muttenz, un lieu de rencontre unique en Suisse pour tous les amateurs de voitures de collection.

A l’époque de ses études au Technicum de Muttenz, Stephan Musfeld connaissait déjà le bâtiment rond, construit en 1965, dans lequel la société Züblin réparait de grandes machines de chantier. Il passait alors tous les jours devant cette imposante structure, ayant même eu une fois la chance de la visiter.

En 2005, un morne matin d’hiver, Stephan Musfeld est assis derrière son bureau, et une idée le taraude. A Bâle et dans ses environs, il est un personnage connu. Ingénieur du génie civil de formation, il appartient à la troisième génération de dirigeants d’une société active dans la gestion d’immeubles, dans la location de grues et de ponts élévateurs, dans le transport et le déménagement, ainsi que dans la climatisation. Il passe pour un vrai battant–n’a-t-il pas porté à bout de bras la réalisation de l’Arena et du Parc Saint-Jacques? Cependant, depuis l’enfance, les voitures anciennes sont sa grande passion. A 15 ans, il se contente de coller des images de voitures dans l’album Mondo, mais à 19 ans, il convainc ses parents de l’autoriser à acheter un modèle ancien. Lui et son amie Esthi, qui deviendra sa femme, portèrent leur choix sur une Austin Seven. Cette première acquisition marque véritablement le début de leur passion partagée. Dès lors, le couple passa chaque minute de son temps libre les outils à la main. Week-end après week-end. Diagnostic : de l’essence dans les veines.

Mais revenons à 2005: Stephen Musfeld est donc assis derrière son bureau. Son regard vagabonde sur les documents de vente de l’immeuble Züblin. Par curiosité, il les avait demandés et feuilletés à plusieurs reprises, sans plus. Soudain, le trait de génie : créer un centre de compétences pour les voitures de collection sur le site de Züblin et transformer le grand hall en musée. Sans hésitation, Stephan Musfeld décroche le téléphone.

La joie n’est entière que si elle est partagée

Un architecte propose un concept convaincant d’utilisation et d’organisation des lieux, et les travaux de rénovation peuvent commencer. Le bâtiment se caractérise par une rampe intérieure en spirale, offrant un espace généreux permettant aux visiteurs de découvrir d’un seul coup d’œil des dizaines de véhicules. Le tout est surmonté d’un toit en béton de 245 tonnes, avec une ouverture centrale. C’est en raison de ce toit qui évoque l’ouvrage achevé à Rome sous l’empereur Hadrien que l’immeuble porte le nom de Panthéon. Comme Rome et Paris, Muttenz a désormais son temple. Mais ici ne reposent en paix ni Raphaël, Corelli, Voltaire ni encore Rousseau : dès son ouverture il y a cinq ans, ce Panthéon est devenu un lieu de rencontre non seulement pour les fans de mécanique ou de voitures, mais aussi pour les nostalgiques et les esthètes. Dialoguer avec d’autres passionnés est essentiel pour mener son hobby à la perfection.

Un bâtiment annexe propose seize boxes à louer aux propriétaires de voitures anciennes voulant entretenir et restaurer leur véhicule. Le garage Classic attenant met à leur disposition ses ateliers de sellerie et de serrurerie. La carte raffinée d’un restaurant gastronomique vient compléter l’offre de ce cadre idéal pour l’organisation de manifestations sélectes. Le Panthéon offre une plate-forme événementielle de 900 m2 pour 1200 personnes debout ou, en configuration banquet, pour 600 personnes. Mais l’exposition est le véritable cœur de ce lieu. La collection privée de Stephan Musfeld comporte trop peu de véhicules pour occuper tout un musée. Il ne fait pas partie des collectionneurs qui possèdent eux-mêmes les objets de leur désir et qui veulent absolument présenter leur propre collection. «Je voulais plutôt créer un espace où l’histoire de la mobilité, de l’automobile et de son développement technique soit tangible. Un lieu où les personnes qui aiment les belles machines puissent se rencontrer», explique-t-il.

Un parc plein de trésors privés

L’originalité du musée tient à cette idée séduisante : Stephan Musfeld offre la possibilité aux propriétaires de garer leur voiture comme objet d’exposition sur la rampe. Les visiteurs du musée déambulent donc parmi les trésors de prêteurs privés venant de jour comme de nuit chercher leur voiture ou la ramener. Quand un propriétaire monte dans sa voiture durant les heures d’ouverture et descend lentement la rampe, c’est toujours un événement qui provoque émotion et étonnement. Ce départ provisoire laisse un vide dans l’exposition, mais vu le nombre de véhicules, cela n’a aucune importance.

«Il y a quinze ans, ce concept n’aurait probablement pas fonctionné», admet Stephan Musfeld. Les voitures classiques avaient une réputation élitiste et les propriétaires préféraient rester discrets. Aujourd’hui, elles sont moins des objets de luxe que des objets pour amateurs ne coûtant, à quelques exceptions près, pas nécessairement plus cher qu’un véhicule neuf, et sont devenues abordables pour un plus grand nombre d’acheteurs. En conséquence, de nombreux propriétaires sont disposés à garer et à exposer leurs bijoux dans le musée, d’autant plus qu’ils les savent en sécurité et en bonnes mains. Le musée des transports de Lucerne prête aussi certaines de ses pièces d’exposition, car il manque de place pour sa propre collection. «J’ai pu choisir ces prêts d’après une liste. Entre autres, j’ai sélectionné une Turicum, un modèle de fabrication suisse vendu à près de 1000 exemplaires entre 1905 et 1912.» En tout, le musée présente environ 130 véhicules témoins du passé. Ce voyage dans le temps débute par le vélocipède et la calèche, viennent ensuite les tricycles et les voitures à vapeur, puis les premiers véhicules à moteur à explosion, suivis des premières voitures sorties des chaînes de montage (comme le légendaire modèle Ford T) et s’achève dans les années 1970. Stephan Musfeld raconte qu’une voiture lui a même été offerte par un visiteur. Devant la Citroën C3 Trèfle, il lui a soudainement dit: «J’en ai une plus belle à la maison. Je vous l’offre.»

«Chaque voiture a un caractère et une personnalité qui sont la marque d’inventeurs ingénieux, d’esprits innovants et d’entrepreneurs», affirme Stephan Musfeld. Pour permettre aux visiteurs d’apprécier les nombreuses facettes de sa passion et pour renouveler son offre, il organise deux expositions spéciales par année. Alfa Romeo, Bugatti, MG, Jaguar, Lancia, véhicules suisses (plus de 90 marques connues!), Porsche, Ferrari, «Die Geschichte des Zweirads» (L’histoire des deux-roues) et «Als die Autos laufen lernten» (Quand les voitures ont appris à rouler) ont été les thèmes abordés jusqu’ici. Actuellement, il propose l’exposition «Luxus & Sport–Rolls-Royce & Bentley» (Luxe et sport – Rolls-Royce et Bentley). «J’effectue moi-même les recherches pour trouver des voitures et d’autres pièces de collection et, si possible, je vais personnellement les chercher auprès de leurs propriétaires», indique ce passionné d’automobiles. Une exposition sur les courses du Klausen entre 1922 et 1934 est en voie de préparation. Le nombre de visiteurs témoigne du succès de son engagement. Le musée enregistre entre 15 000 et 20 000 entrées par an. Mais seuls les dieux savent pourquoi, après cinq ans, le musée n’est toujours pas encore officiellement reconnu et admis sur la liste des musées de la région bâloise.

 

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3 commentaires sur “Le Panthéon de Muttenz à Bâle – Suisse

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Cette entrée a été publiée le 4 janvier 2016 par dans Architecture ronde, et est taguée , , , , , .
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