L'autre carnet de Jimidi

Ce que je trouve sur l'architecture ronde (et ce qu'elle m'inspire…)

Circuler dans la « Tour Plate »

Flat-tower---PAUL-ERIC-SCHIRR-BONNANS---2012---Photo 2

Flat-tower---PAUL-ERIC-SCHIRR-BONNANS---2012---Photo 1

La « Flat Tower », tu te souviens ? C’est ce projet de gratte-ciel « plat » auquel j’avais consacré un article sur cet ici carnet, il y a quelques temps. Je dis « projet », mais rien n’indique si cet ensemble immobilier a une chance de voir le jour, ni même s’il est réalisable. D’ailleurs, on ne sait même pas si son concepteur est allé au-delà de la mise en image de sa passionnante idée, grâce à laquelle il a gagné le deuxième prix du concours 2012 de gratte-ciels.

Sur le « comment ? »  lui est venu cette belle idée, on peut faire des hypothèses. Voici la mienne. On a tous en tête des « villes sous cloche » autrement dit, des villes protégées par des dômes, opaques ou transparents. C’est un élément assez commun dans la science fiction, y compris récente puisque le « Dôme » de Stephen King (Under the dome – 2009) repose là-dessus (si j’ose dire, ça repose plutôt là-dessous).

Ville sous dôme

Under the dome

J’imagine assez Paul-Éric Shirr-Bonnans, le concepteur de la « Flat Tower », se réveiller un matin en se disant quelque chose comme : « Bon sang, mais c’est ce n’est pas sous le dôme, qu’il faut construire, mais dessus ! » De cette première idée, on passe assez facilement à celle d’un dôme ajouré puisqu’une idée force du projet, c’est de préserver le terrain au dessus duquel la « Tour plate » est construite. Or si ce terrain est dans le noir total, on ne voit pas bien (oups) l’intérêt. Surtout qu’à huit cent mètres de diamètre, soit pi fois quatre cent mètre au carré en surface corrigée loi Carrez, ça nous fait un nombre considérable d’hectares. Tu dis ? Cinq cent deux virgule quatre exactement ? Je te fais confiance, je n’ai jamais su compter. Donc dôme oui, mais à trous, pour laisser entrer le soleil.

L’idée du dôme plat a dû s’imposer assez vite également, surtout compte tenu du diamètre envisagé. Une demie sphère nous aurait mis le sommet à quatre cent mètres de haut et les bords du dômes auraient été verticaux : on ne voit pas bien l’intérêt. On garde donc une portion de sphère, mais plus petite. Disons que si la Terre était un œuf à la coque, on garderait le morceau que tu vires pour pouvoir planter tes mouillettes, tu vois ? (Oui, ben j’ai passé une bonne vingtaine d’heure à modéliser la Flat Tower sous Sketchup, donc de l’illustration, tu vas en bouffer.)

Je récapitule. Tu poses en ville, ou n’importe où ailleurs, un dôme de 800m de diamètre, aplati, plein de trous, mais assez en béton pour qu’on puisse construire dessus.

 Flat tower - coupole de rues

Flat tower - coupole de rues - vue de profil

Et là, les ennuis (conceptuels) commencent. Mais j’en profite tout de suite pour m’excuser auprès de Paul-Éric Shirr-Bonnans : je n’ai pas reproduit très fidèlement son plan. Je m’en suis juste inspiré. Le sien est mieux. Ce qui faut bien appeler ses « rues » (on verra pourquoi tout à l’heure) délimitent des trous plus réguliers que les miens, mais, bah ! les problèmes posés sont les mêmes et le principal me parait être celui de la circulation. Y’a pas à tortiller : on est bien obligé de construire en dehors des trous, donc sur les « rues », mais elles doivent également servir à se rendre d’un point à un autre, alors ? Alors on est bien obligé de circuler « dans » les immeubles mais comme, par ailleurs, on voit mal que leurs planchers ne soient pas horizontaux, je te laisse imaginer l’interminable litanie d’escaliers…

 Flat tower - croquis original avec funiculaire

Dans ce croquis, Paul-Éric Shirr-Bonnans évoque un « funiculaire », ce qui me fait penser qu’il n’a pas dû aller très loin dans la conception pratique de sa « Flat Tower ». Parce qu’à Lyon, les funiculaires, on connaît : on en a trois. Y’a les deux vieux : St-Jean – Fourvière ou St Just et un plus récent : Hôtel de ville – Croix Rousse et pour faire court, ces machins là, ça va en ligne droite, sur des pentes fortes mais constantes (les vieux) ou sur des pentes variables mais dont l’angle n’impose pas une trop forte inclinaison des voitures. Ce serait quand même con que les voyageurs se retrouvent en tas au fond du wagon faute de pouvoir rester assis. Or il ne t’aura pas échappé que sur notre dôme, les rues ne sont absolument pas droites ni leur pente constante. On commence quasi à 45° au pied pour finir à plat au sommet. Donc le funiculaire, tu oublies, comme on peut d’ailleurs oublier tout système destiné exclusivement à relier un point A à un point B, ces points étant fixes. Exit le métro, le tram, le téléphérique, le tire fesse.

Alors ? Alors Paul-Éric, je ne sais pas, mais perso, j’ai bien une solution. Elle consiste à garder notre beau réseau de rues et leurs belles courbes – on va en avoir besoin – et de construire au-dessus, (on a vu qu’on ne pouvait pas faire autrement) mais en laissant entre le « sol » autrement dit les rues et le « plafond » (le plancher du rez-de-chaussée du premier niveau de construction ) un espace suffisant pour la circulation. Je te montre une coupe vite fait pour te fixer l’idée. On aura donc bien des « tunnels » tous interconnectés, dont les plafonds seront en escalier, mais on s’en fout : on ne circule pas au plafond.

Flat Tower - coupe

Qu’est ce qui va circuler dans nos tunnels ? C’est là que ça devient marrant. On ne peut pas circuler à pied là dedans puisque non seulement nos rues sont en pente (montante ou descendantes), mais elles sont également en devers pour peu que ta rue aille en biais. Il faut donc imaginer un véhicule dont la cabine puisse rester « à plat » pendant que ses roues s’adaptent à la configuration du terrain. Bouge pas, j’ai :

Flat tower - navettes - photo 02

Ça pourra te paraître abracadabrant, comme véhicule, mais en fait, ça existe déjà :

 Mini pelle araignée

Les roues de ces pelles « araignées » sont montées sur des bras indépendants et permettent de travailler quelque soit la pente et les accidents du terrain. Le reste c’est de l’automatisation et du programme. Après tout, si les constructeurs peuvent envisager sérieusement des véhicules automobiles se pilotant sans toi, il ne doit pas être très compliqué de faire rouler dans un environnement exclusivement conçu pour eux des véhicules identiques, sans chauffeur, qu’une bête appli devrait permettre d’appeler là où tu es pour ensuite te conduire là ou tu veux.

Ces problèmes étant réglés, youpi, on peut construire la ville !

Flat tower - vue 10

Flat tower - vue 8 (grande taille)

Flat tower - vue 13

Flat tower - de dessous, avec vaches 2

Flat tower - de dessous, avec vaches

J’ai viré le côté exagérément lisse des toits du projet original, au profit de toits végétalisés, servant d’espaces verts. J’ai également viré la peinture bleue. Bien penser à cliquer sur les images, sinon, c’est riquiqui.

Des chiffres : J’ai gardé le diamètre de 800m. La « hauteur sous plafond » est de 80m. Les « rues » font 20m de large.

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2 commentaires sur “Circuler dans la « Tour Plate »

  1. Elsa Saône
    29 avril 2014

    J’aime toujours bien ce concept !

    J'aime

    • Jimidi
      30 avril 2014

      Oui, décidément : très. Je ne sais pas si l’avenir nous réserve de voir ce genre d’immeuble « en vrai », mais ça changerai des tours.

      J'aime

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Cette entrée a été publiée le 22 avril 2014 par dans Architecture ronde, et est taguée , , , , , .
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